Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /2009 18:47
Le malheur n’est en rien immuable. Non, rien de nos souffrances n’est immuable. Puisqu’il nous reste l’amour et la fraternité, la bienveillance l’un envers l’autre. Cela, nous ne pouvons le nier : Dieu nous garde, en vérité. Par le seul miracle de l’amour.
Et il faut dire que le miracle est une tricherie de Dieu. Que c’est ainsi qu’il lui plaît de chambouler cette saloperie de pragmatisme ambiant, de ces immondes logiques ainsi que cette bonne vieille causalité bidon et de sa prétendue irréductibilité. Pourtant force est de constater que la résurrection possible de chacun dans cette vie présente est une réalité tout aussi sûre que la fragilité ou la douleur des Hommes.
Posséder la conviction profonde que nul ne possède cet imaginaire pouvoir de faire le bien ou le mal : tout autant que le bonheur, le mal ne nous appartient pas. En rien. Tant il est évident que nous le subissons, ce mal, tout autant que nous le procurons. C’est pourquoi il est flagrant que nous ne sommes en rien responsables de nous-mêmes. Nos actes ne sont que d’inutiles efforts que nous sommes contraints de faire pour rester amarrés à nos pitoyables destins, seuls refuges qui nous soient accordés au bout du compte.
Le mieux, à la suite de tout cela, serait encore de prendre à corps perdu tout à la fois la vie, qui partout surabonde, et notre misérable condition d’humains. Il nous faut en avoir la conviction.
Cet espoir simple est celui de l’Homme libre : malgré la fatigue générale de nos corps, nous trouverons toujours la force de pleurer.
Ne serait-ce que parce que chacun peut constater que la nuit, il est possible de voir tous les soleils du ciel, alors même que le jour nous interdit de regarder le nôtre en face.
Par Lionel DEGOUY - Publié dans : Poésie - Communauté : Cassandre
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Proposition

          De la folie d'amour, qu'est-ce qu'on a fait ? Cette fadeur qui nous étouffe et qui nous tue. Il faut que cela cesse. Il nous faut vivre éternellement la grâce et ne plus avoir peur. Toujours être pour l'autre ce que l'on est vraiment. Ne pas dire non, jamais. Et puis s'abandonner, brûler de tous les feux ; à en mourir. Et en mourir. De l'énergie qui en découle créer le beau. Sans concession, s'abandonner à l'autre. Émouvoir la nature au point de la faire suffoquer peut-être.
          Car enfin, pourquoi donc on s'obstine à dire que l'on ne s'aime pas ? C'est quoi ce besoin de pleurer seul, cette peur ? C'est le mystère.
          On meurt des temps figés, des questions inutiles, des engagements faciles. Mais rien n'empêchera jamais les méchants d'être méchants, la bête immonde d’être à certains vitale, le malsain d'être immuable. L'arme absolue ne combat plus que l'innocence et, pacifiés, nous sommes l'agneau face au couteau.
          C'est la mélancolie qui nous sauvera, un jour, tout à la fin, de tout ce miasme incohérent et sans visage, de cette horreur qui fait pleurer, de cette souffrance. C'est de cette paix qu'il nous faut, le coeur attendri de soi-même et des autres, de cet appel où tout s'effondre pour renaître.
          Et si Cassandre avait raison ?
 

Textes de Pierre Noède

Textes de Stéphane Lavignotte

Catégories

Rechercher

Derniers Commentaires

 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés